
L'humeur dominante rend aujourd'hui bien souvent coextensifs amour de la liberté et adhésion à la philosophie qui s'est emparée de ce nom, le libéralisme. Toute posture critique à l'égard du libéralisme se trouve alors reléguée au rang d'une pathologie politique radicale ou étatique, ou d'un oubli rêveur de toute scientificité.
Le choix a ici été fait au contraire d'explorer la part d'utopie du libéralisme, confrontant la promesse d'un monde harmonieux composé d'individus souverains et d'où la violence seraient exclue, à l'inquiétante part de pouvoir, sinon de gouvernance par exception, qui a accompagné le triomphe de la liberté telle que conçue par le libéralisme. Le dossier explore le lien logique et historique (quoique paradoxal) entre les technologies de sécurité d'une part, et la constitution du libéralisme et du néo-libéralisme d'autre part.
Loin d'aborder le libéralisme comme un corps doctrinal cohérent, fût-il divisé en « tendances » plus ou moins divergentes, nous l'avons plutôt lu comme une série de discours et de pratiques qui mettent en avant un principe très général de rationalisation de l'exercice du gouvernement par la liberté, plus économique que d'autres types de pouvoirs comme la discipline, la surveillance ou la coercition. Nous avons observé le déploiement de cette ligne de force particulière de la rationalité politique sur des terrains aussi multiples que l'économie, le droit, la politique, l'école, la santé.
Il ne s'agissait guère, dans un geste militant, de dénoncer les libéralismes, mais de mettre au jour les tensions inhérentes à des technologies politiques
Sophie Wahnich : « Résister à la “crise de la conscience historique” »
Lettre d'Istanbul (et d'Athènes) — par Vangelis Kechriotis
Les épices de la sagesse : le concept de discrétion chez Pierre Charron — par Claudiu Gaiu
L'histoire du droit comme histoire des contraintes discursives. Sur le livre de Michel Troper, Terminer la Révolution. La Constitution de 1795 — par Diogo Sardinha
From Passions to Emotions. The Creation of a Secular Psychological Category, de Thomas Dixon — par Élodie Cassan
À l'occasion du Salon du livre 2008, Labyrinthe organise une rencontre avec les écrivains François Bégaudeau, Arno Bertina et Oliver Rohe auteurs d'Une année en France (Gallimard, 2007) afin de confronter et comparer les méthodes respectives des écrivains et des chercheurs, pour appréhender l'actualité politique, notamment les émeutes de 2005.
Rencontre animée par Renaud Pasquier
Dimanche 16 mars 17h00 - 18h00
Stand de la Région Île de France
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